Tapisserie Aubusson verdure royal

Tapisserie Aubusson verdure royal

Tapisserie Aubusson verdure royal

Trois cannettes 350x280

Tapisserie Aubusson verdure royal (ou tapisserie de verdure) est, dans le langage de la tapisserie, une tenture dont le décor est principalement végétal (arbres, feuillages). Des animaux, courants, exotiques ou fantastiques, peuvent peupler ce décor : oiseaux et animaux des forêts, mais les personnages et les constructions en sont absents ou occupent une place marginale. Les scènes de chasse, malgré le décor végétal important, n’entrent pas dans la catégorie des verdures.

Ce type de tapisserie était très prisé à la fin du Moyen Âge et encore au xvie siècle1. Les verdures ont été tissées dans de nombreux ateliers, dans les Flandres2 comme à la ville d’Audenarde en Belgique ou à Aubusson. Parmi les plus célèbres verdures d’Aubusson, on peut citer celles qui appartenaient à la famille de Montclar et qui sont conservées au château de la Trémolière, à Anglards-de-Salers (Cantal) (classées M. H.) ; elles ont été tissées vers 1586.

Les origines de la tapisserie sont incertaines. Certains auteurs disent qu’elle doit son origine à des Sarrasins qui se seraient installés sur les rives de la Creuse après leur défaite à Poitiers en 732. Ainsi que l’écrit l’abbé Lecler : « Attribuer l’origine d’Aubusson à une troupe de Sarrasins qui, échappés aux coups de Charles-Martel en 732, se réfugièrent en ce lieu, c’est faire du roman, et non de l’histoire. Il est bon de remarquer que c’est l’expression tapis sarrasinois, donné à un genre de tapis fabriqué à Aubusson, qui a donné lieu à cette légende3. » Selon d’autres auteurs tel Adrien Proust ou Adolphe Blanqui « Il est prouvé que des ouvriers de cette nation s’y établirent, par les réglemens du Châtelet pour la communauté des maîtres tapissiers, lesquels réglemens reconnaissent les Sarrasins pour les plus anciens de ce corps »4,5,6.

Une autre origine possible est peut-être liée à Louis Ier de Bourbon, alors comte de la Marche. Il avait confirmé les privilèges d’Aubusson en 1331. En 1310, Louis de Bourbon avait épousé Marie de Hainaut († 1354). Autant d’éléments qui peuvent laisser supposer que le comte de la Marche, voire sa femme, auraient incité des tapissiers flamands à venir sur les bords de Creuse dont on se plaisait déjà à vanter la qualité des eaux acides pour dégraisser la laine et alimenter les teintures.

Que ce soit à l’initiative de Louis de Bourbon, ou, peut-être, de marchands désireux de profiter d’une opportunité locale, l’économie drapière se reconvertit. Les paysans possédaient traditionnellement des troupeaux de moutons dont la laine était valorisée localement. Elle allait désormais permettre la fabrication de tapisserie. L’influence flamande fut d’emblée évidente dans les ateliers : même technique de la basse lisse, même sainte patronne (Sainte Barbe).

Au demeurant, les premières tapisseries connues d’Aubusson ont été tissées par les frères Augeraing (1501)7.

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