STEPANOVA composition

STEPANOVA composition

Gouache par STEPANOVA

36X28 cm

Varvara Fiodorovna Stepanova (en russe : Варвара Федоровна Степанова), née le5 novembre 1894 à Kaunas (actuelle Lituanie) et morte le 20 mai 1958 à Moscou, est une artisterusse peintre, dessinatrice, designer, poète, typographe et décoratrice de théâtre. Elle a signé sous les pseudonymes de Varst et Agarykh.

Née dans une famille modeste, elle rejoint en 1910 l’École des beaux-arts de Kazan où elle rencontre son futur mari, Alexandre Rodtchenko. Tous les deux s’installent à Moscou pour y vivre ensemble, à partir de 1916, et s’inscrivent à l’École d’arts appliqués Stroganoff. Stepanova y fait la connaissance d’Alexandre Vesnine, Lioubov Popova, Nadejda Oudaltsova, Olga Rozanova et Vladimir Tatline. Après la révolution, elle travaille à la section des arts plastiques (IZO) du Commissariat du peuple à l’instruction et expose des tableaux à la Ve exposition d’État (1919).

Dès 1917, Stepanova s’intéresse à la poésie futuriste et, inspirée par le travail de Rozanova et d’Alexeï Kroutchenykh, elle écrit et édite des livres de poésie « transmentale » (zaoum), mêlant collages et écriture, parmi lesquels Rtny Khomle (1918), Zigra ar (1918), Globolkim (1918) etJad’ (1919). Ces livres sont faits artisanalement, jouant pour la plupart sur les contrastes de couleurs pour faire ressortir les sons des textes, ce qui crée une véritable poésie visuelle.Rodtchenko illustre l’un de ses recueils, Toft.

Elle illustre de son côté en gouaches abstraites le recueil Gly-Gly, du poète Kroutchenykh (1919) et publie la même année son livre le plus novateur,Gaoust-Tchaba, où elle peint ses poèmes directement sur des pages du quotidien officiel du gouvernement.

Entre 1920 et 1921, elle est le secrétaire et l’un des premiers membres de l’Inkhouk, Institut de la culture artistique créé en mai 1920, à l’initiative deKandinsky, Rodtchenko et Babitchev. Elle participe au Groupe de travail de l’analyse objective et au Groupe de travail des constructivistes.

Stepanova participe ensuite à des expositions organisées par l’IZO, comme la célèbre Xe exposition nationale, « Création abstraite et suprématisme », où Rodtchenko prend ses distances avec Malevitch.

En septembre 1921, Rodtchenko, Stepanova, Vesnine, Popova et Exter organisent à Moscou l’exposition « 5×5=25 », où Stepanova expose des compositions basées sur une analyse mécanique et géométrique du visage.

À partir de cette date, elle abandonne la peinture pour se consacrer aux arts appliqués.

En décembre 1921, elle donne une conférence à l’Inkhouk, intitulée « Sur le constructivisme », et devient l’une des porte-paroles actives du mouvement dans les colonnes de la revue LEF.

En 1922, elle crée les décors et les costumes de la pièce La Mort de Tarelkine, écrite par Alexandre Soukhovo-Kobyline, mise en scène parMeyerhold et qui fut un modèle du constructivisme scénique. Les décors se composaient essentiellement d’accessoires de cirque peints en blanc et les costumes, de tissu bleu, représentaient des formes géométriques.

Elle développe ses idées sur la production « industrialisée » de vêtements dans une série d’articles. À partir de 1923, elle travaille avec Popova pour la Première Fabrique de Cotonnades, une usine nationale de textile, pour laquelle elle conçoit 150 dessins de tissus, dont une vingtaine seront réalisés. Les deux artistes créent la prozodiejda, ou « vêtement de production », une tenue de travail commune à tous les métiers, avec pour seules variantes les couleurs et le tissu. « Les dessins des tissus de Varvara Stepanova sont tous composés de formes géométriques dont les contours sont tracés à la règle et au compas. Ces figures géométriques sont au nombre de trois : la circonférence, le triangle et le rectangle. »

En 1924, elle devient professeur à la section textile des Vkhoutemas, tout en continuant à faire des costumes et des décors pour le cinéma, à réaliser des affiches de publicité, avec Maïakovski et Rodtchenko, et de mises en pages de livres et magazines soviétiques. Elle collabore également à plusieurs revues, LEF, Novy LEF et Kino-Fot.

En 1925, ses productions sont présentées au Pavillon soviétique dans le cadre de l’Exposition internationale des arts décoratifs de Paris.

Sa première peinture à l’huile, un Moulin de la Galette vu de sa fenêtre, date de 1916. Les débuts sont incertains, il peint surtout des vues de Paris à la manière des grands peintres pour satisfaire des commandes.

Gen Paul expose pour la première fois au Salon d’automne et au Salon des indépendants à Paris en 1920, époque à laquelle il compte parmi ses amis Henri-Martin Lamotte, et côtoie Camille Pissarro et le groupe des « Partisans ». En 1928, ses œuvres sont exposées avec celles de Picasso et de Soutine, qui choquent une partie du public. Dans les années 1930, Gen Paul sombre dans l’alcoolisme, qui complique ses problèmes chroniques de santé. Les peintures de ces années s’en ressentent, elles deviennent plus sombres, avec une pâte et des traits épais, mais restent construites avec des couleurs soigneusement choisies et gardent un rythme puissant et le mouvement. En 1934, il est officiellement reconnu pour ses contributions à l’art français et reçoit la Légion d’honneur. En 1937, il est engagé pour peindre une grande fresque pour le Pavillon des vins de France à l’Exposition internationale de Paris.

Des années 1940 à sa mort, Gen Paul retrouve un style pictural qui reprend de nombreux éléments de son travail des années 1920, mais sans jamais retrouver l’innovation, l’émotion et l’expressionnisme des premières époques de sa vie de peintre.

En 1942, Louis Ferdinand Céline ami de Gen Paul, lui demande d’illustrer deux de ses romans, Voyage au bout de la nuit et Mort à crédit. En 1974, Gen Paul réhausse à la gouache quelques rares exemplaires originaux. Il peint également le portrait de Ferdinand Bardamu, héros du Voyage au bout de la nuit et double de Louis Ferdinand Céline.

En 1952, la galerie Drouant et David organise une rétrospective de ses œuvres peintes à l’huile et la galerie du Cirque expose une trentaine de gouaches.

Outre nombre de scènes de son quartier de Montmartre et de portraits de son ami, le compositeur Darius Milhaud, on connaît de Gen Paul des peintures et dessins faits aux États-Unis, scènes de jazz et musiciens classiques, sujets pour lesquels il manifestait beaucoup d’intérêt.

Un grand nombre de ses œuvres appartient à des collections privées, mais un nombre significatif se trouve dans les musées de France et d’autres pays d’Europe, tels les musées de Berne et de Granville. Le Musée d’art moderne de la ville de Paris conserve dans ses réserves deux grands tableaux de la fin des années 1930.

Gen Paul est un des personnages du Passe-muraille et de Avenue Junot, nouvelles de Marcel Aymé écrites en 1943. Il est également au centre du roman Féerie pour une autre fois (1952) de Louis-Ferdinand Céline qui le dépeint dans le personnage de Jules en peintre-sculpteur cul-de-jatte colérique, obsédé, alcoolique, et jaloux de l’auteur. Gen Paul a joué le rôle d’un invité à la sortie de l’église dans le film L’Atalante (1934) de Jean Vigo.

Il est joué par Raymond Souplex dans l’adaptation cinématographique du « Passe-muraille » de Marcel Aymé de Jean Boyer « Garou-Garou » en 1950. Il est le modèle du peintre « Grand Gil » dans la « Traversée de Paris » film de Claude Autant-Lara (1956)3.

Il est nommé chevalier de la Légion d’honneur le 20 octobre 19344.

Il fut l’invité de Jacques Chancel dans son émission Radioscopie sur France Inter en 1970.

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